Je croyais que post cette fusion du fonds mon agenda s’offrirait une respiration mais me voilà à presque minuit en train de vous écrire.
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Presque minuit et quelques heures avant l’ultimatum de Trump sur l’Iran. J’ai posé deux questions à Nicolas tout à l’heure:
1/ Frappe ou non ?
2/ Si frappe y-a-t-il risque de spirale?
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Réponse: 50/50 et non.
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Cela dit il rajoute le bémol suivant:
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<<On peut se demander si la raison est encore de mise dans la conduite de la guerre à Washington. On nous soutient mordicus que le limogeage du Général Randy George, chef d’état-major de l’US Army – nommé par J. Biden – n’a rien à voir avec un désaccord sur la conduite des opérations et la place – quasiment inexistante – qu’y occupe l’Army, c’est quand même un signal préoccupant. Changer l’un de ses principaux conseillers et chefs militaires en pleine opération, voilà qui est quand même intrigant ;
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– Côté conduite politique, on entend assez peu celui qui est – toutes proportions gardées – le Zbignew Brzezinski* de l’administration Trump 2, à savoir Eldridge Colby. L’architecte de la National Defense Strategy semble relativement dépassé par son chef, le bouillonnant Pete Hegseth. Là où Colby fait figure d’idéologue et de penseur des relations internationales et de la place des Etats-Unis dans le monde – le fameux Hémisphère occidental – Hegseth est plutôt l’exécuteur docile, voire le chargeur de combustible, des volontés de son président ;
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– Sur P. Hegseth, pour bien saisir la psyché du personnage, il faut rappeler qu’il adore se montrer torse nu, pour exhiber ses tatouages en mode « croisé » et surtout celui, rédigé en arabe sur son biceps droit: Kafir (littéralement :Mécréant) pour revendiquer son positionnement vis à vis de l’islam. Hegseth est aussi l’incarnation d’une forme de « bonne militarité » suivant les canons Républicains les plus durs: ancien de la Garde nationale, il appartient à cette force vue chez les plus conservateurs comme l’émanation du peuple, par opposition aux forces armées régulières qualifiées de « bureaucratie ». Ayant servi en Irak et en Afghanistan, il s’est surtout fait connaître comme éditorialiste sur Fox News et a une approche très bas du spectre des questions militaires. Loin d’être un stratégiste, c’est avant tout un partisan forcené de l’action militaire directe et brutale. Bref pas un poète. >>
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J’avoue que le fait que l’actuel ministre de la Guerre – nouveau nom du poste – soit recouvert de tatouages fleuris, même dans un film de série B j’aurais trouvé cela peu crédible. Nous sommes donc dans une série C ce qui n’est pas bien réjouissant.
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Le fonds Monocle Fonds de Fonds est à – 4.18% depuis le début de l’année avec une exposition action à 38%, dont 16% en direct et 22% à travers les fonds – notre concept d’ « équipe de foot ». Pas de changement majeur cette semaine, Guillaume et Paul* sont en train de gérer progressivement le post-fusion. A ce sujet, la fusion a été traitée par plusieurs fournisseurs de données comme une fermeture et ne publient donc plus la performance. Le problème a été remonté par le dépositaire et devrait être réglé rapidement mais dans l’intervalle n’hésitez pas à nous contacter si vous avez des questions.
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La semaine prochaine devrait voir arriver la fusion du deuxième fonds où nous retrouverons les lignes individuelles avec lesquelles je vous ai bassinés ces dernières années. Donc si vous pensiez y avoir échappé c’est loupé, vous allez rapidement entendre parler des Duolingo, Affirm, Aurora et tutti quanti…
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Excellente semaine
Charles
* Zbignew Brzezinski, conseiller à la sécurité nationale du président des États-Unis Jimmy Carter, de 1977 à 1981, partisan d’une politique plus agressive vis-à-vis de l’URSS.
* Paul Lefebvre de VIA AM, second gérant du fonds