
La Revanche du Billet
19 May 2026
Dans les noms que vous découvrez ici chaque semaine « Sebastian Siemiatkowski » en un est à retenir. Il est né en Suède mais si ça sonne polonais c’est parce que ses parents ne sont arrivés en Suède qu’en 1980, un an avant sa naissance. Avec comme modèles Richard Branson et Ingvar Kamprad (le fondateur d’IKEA) il a démarré Klarna à 23 ans.
Beaucoup d’entrepreneurs se sont essayés avec difficultés à attaquer le secteur de la finance peuplé d’éléphants agiles (BNP comme JP Morgan ont chacune plus de deux siècles d’existence) et de régulateurs trapus – je me souviens de l’été 2016 où l’action Lending Club avait perdu 50% en une seule journée à la suite de l’éjection de son fondateur Renaud Laplanche. Donc je regarde toujours avec respect les quelques-uns qui y arrivent, comme Max Levchin chez Affirm ou celui qui nous préoccupe aujourd’hui.
Klarna a trois lignes de métiers aujourd’hui : le Buy Now Pay Later, la carte et les prêts. Pour le premier il s’agit de découper un paiement comme l’achat d’une paire de baskets en 4 paiements sans intérêt, avec un coût supporté non par le client mais par le marchand. La seconde est un moyen physique de développer le premier dans le monde réel. Le troisième est l’extension du premier sur du vrai crédit consommation mais on reste toujours sur du court terme (majoritairement moins d’un an).
Au-delà de l’existant, il faut voir Klarna comme de la tech qui attaque le secteur de la finance. Apple n’avait pas encore l’Iphone il y a vingt ans mais déjà beaucoup des ingrédients pour y aller. De la même manière Klarna, qui a déjà la licence bancaire, attaque l’ensemble de la sphère des secteurs financiers des particuliers en même temps.
Introduite en bourse il y a six mois sur une valeur de $16 Mds, l’action s’est fait découper à la tronçonneuse pour atteindre $5.9 Mds aujourd’hui – et passée sous les $5.0 Mds fin mars. Les marchés cotés sont parfois plus excessifs que le private equity : les valorisations de Klarna dans les précédents tours de tables furent de $5.5 Mds en 2019 ; $10.6 Mds en 2020 ; $31.0 Mds puis $46.0 Mds en 2021 et en fin $ 6.7 Mds en 2022 – jolie baisse certes mais à un moment où le Nasdaq était en baisse de 30% et personne n’arrivait à lever un fifrelin. Donc Klarna vaut aujourd’hui moins que son pire tour il y a quatre ans.
Opérationnellement ça donne quoi : Klarna a publié jeudi dernier – et l’action a repris +20% dans la séance, on ne va pas se laisser abattre – en affichant une croissance de son chiffre d’affaires net de +45% et un résultat opérationnel ajusté sur le trimestre de $65M. Le volume d’achat traité par Klarna sur le trimestre fut de $34 Mds, en hausse de +33%. Le taux de défaut sur les prêts – métrique importante quand vous faites du crédit -reste faible et stable : garder en tête que Klarna a une connaissance beaucoup plus fine du comportement de ses clients qu’une banque classique : votre banque sait que le 14 mars vous avez dépensé 49.50 EUR sur Amazon. Klarna sait ce qu’il y a derrière cette dépense et ce que vous avez regardé, étudié, écarté etc.. pour y arriver. Avec cette connaissance ils évaluent plus finement votre risque de crédit.
Leur techno leur permet également d’ajuster en temps réel leurs conditions de crédit, et comme leurs prêts sont à court terme, ils ajustent vite : Siemiatkowski l’a rappelé pendant le call jeudi : « En soixante jours la moitié de notre bilan passe à nos nouveaux standards de crédit. »
Enfin ce sont uns des premiers utilisateurs de l’IA. Klarna suit l’IA depuis le début, avait déjà un accord avec OpenAI il y a trois ans, ont défrayé la chronique en disant qu’ils n’avaient besoin que de très peu embaucher malgré leur croissance – discours peu populaire donc désormais mis sous le manteau – mais cela en fait un concurrent très agile pour aller attaquer tel un tigre les éléphants cités plus haut.
Affirm est sur le même segment et Levchin est très bon mais elle vaut $21 Mds – pour des chiffres similaires en ordre de grandeur. On est par conséquent pragmatiques : il y a 4.90% de Klarna dans le Monocle Long/Short – contre 2.90% d’Affirm – et il en reste un peu moins de 1% dans Monocle Patrimonial (qui est à -1.25% depuis le début de l’année).
En performance Monocle Patrimonial a repris +3.06% depuis la fusion le 19 mars pour venir à -1.25% (part A) à hier soir. Le Long/Short lui a repris +4.27% depuis sa fusion qui a eu lieu le 16 avril – ce n’est pas le même moteur sous le capot mais pas le même but non plus.
Et ci-dessous la factsheet de chaque fonds :
Bonne semaine et retenez bien : « Siemiatkowski »
Charles
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